Tympan dit du Mystère d’Apollon

Oeuvre classée comme Trésor la Fédération Wallonie-Bruxelles le 15 septembre 2011

Ce relief, que des éléments stylistiques permettent de dater du troisième quart du 12e s., est décoré de trois médaillons moulurés à sujets allégoriques. Celui du centre est occupé par un personnage masculin vu de face. Barbu, coiffé d’une calotte, il est désigné comme  représentant l’Honneur. Il étend le bras droit, dans un geste d’acquiescement, vers un homme agenouillé de profil, lui offrant une coupe et occupant le médaillon à sa droite. Une inscription identifie ce deuxième personnage comme le Travail offrant du miel. Un troisième médaillon, symétrique du précédent, montre une femme voilée, la Sollicitude, le genou ployé également et tendant deux coupes d’absinthe en direction du personnage central. Mais manifestement, l’Honneur se détourne d’elle…. Le tout est désigné comme le « Mysticum Apollinis », le « Mystère d’Apollon » et complété par une autre inscription dont le sens a été diversement interprété. La composition représenterait, en tout état de cause, une allégorie de l’Honneur récompensant le Travail, mais cette thématique reste un cas unique dans l’iconographie médiévale. L’Honneur serait donc ici assimilé à Apollon, dieu solaire dispensateur des lumières de l’intelligence. Une telle iconographie met en évidence la préoccupation des clercs liégeois d’intégrer la culture antique à la pensée intellectuelle dont ils dispensaient l’enseignement. La présence de nombreuse allégories dans les œuvres mosanes témoigne également du souci de matérialiser les idées en images. A ce titre, on peut émettre l’hypothèse selon laquelle le relief, sans doute un tympan de portail, a pu être intégré aux bâtiments d’une école, peut-être même celle qui était annexée à la cathédrale Saint-Lambert et dont la renommée dépassait largement les frontières du diocèse.

En savoir plus sur les Trésors de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Le décret du 11 juillet 2002 permet de classer comme Trésor, les biens qui présentent un intérêt notable pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans ce cadre, plusieurs œuvres dont la qualité artistique, la rareté ou les liens avec l’histoire et l’histoire de l’art ne sont plus à démontrer, sont davantage valorisées grâce à ce classement. Cette reconnaissance permet de mettre en valeur ces fleurons de notre patrimoine artistique et culturel mais surtout de mieux les protéger, d’aider à la restauration ou d’empêcher qu’ils soient vendus à l’étranger. Plusieurs œuvres historiques majeures sont, chaque année, reconnues comme Trésors.

Un bien protégé obtient la qualité de « trésor ». Ce terme trouve son origine dans le droit européen qui offre à chaque Etat membre la possibilité de protéger ses « trésors nationaux ayant une valeur artistique, historique ou archéologique ». Ces trésors échappent dès lors au principe de libre circulation des biens à l’intérieur de l’Union européenne et peuvent se voir imposer des restrictions ou interdictions de sortie du territoire national concerné.

Plus d'infos sur le site web de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Année d'exécution
Art mosan, vers 1170
Lieu
Prov. de l’ancienne maison Bourdon, rue Saint-Pierre à Liège
Dimensions
113 x 232 cm