Un "calice" aux armes de Paris et de Liège

Un "calice" aux armes de Paris et de Liège

Avant de se lancer dans la production industrielle de verre translucide moulé pressé, René Lalique (1860-1945) crée en 1914, à la demande de la Ville de Paris, 20 modèles de coupe de prestige dénommés « coupe haute Ville de Paris ».

En fait, la ville de Paris, du 2 au 6 juin 1914, invite les maires et les bourgmestres de municipalités étrangères avec qui elle entretient des relations privilégiées (Londres, Westminster, Saint-Pétersbourg, Moscou, Madrid, Grenade, Tolède, la Haye, Amsterdam, Liège et Gand). En souvenir de leur séjour, chacun d’entre eux reçoit une coupe portant les armoiries de Paris et de la ville qu’il dirige. 

Le modèle exposé fut offert à Gustave Kleyer, bourgmestre de Liège (de 1900 à 1921), invité dans la « Ville lumière » le 6 juin 1914. La jambe originale est constituée d’une plaque épaisse de verre de forme oblongue, enserrée entre deux boutons biconiques cerclés de métal doré. Elle est gravée des armes de Paris avec la représentation de fleurs de lys, d’une nef - grand navire à voiles - et sur la bague inférieure est inscrite la devise de la ville « Fluctuat nec mergitur » (« Il est battu par les flots, mais ne sombre pas »). Sur le pied, des ornements stylisés enlacent des écussons à têtes de personnages et aux  armes de la Cité de Liège, avec les inscriptions : « Lalique » et « 6 juin 1914 ».

Lors de la grande guerre, Gustave Kleyer protégea ses administrés durant l’occupation allemande. Le 24 juillet 1919, il reçoit la Légion d’honneur, accordée à Liège pour sa résistance héroïque à l’armée impériale allemande, des mains du Président de la République française, Raymond Poincaré. Le 30 mai de la même année, le bourgmestre offre alors le précieux objet au Musée Curtius.

Jean-Paul Philippart,
Conservateur du département du Verre

Légende de l'image : Calice René Lalique, Paris , 1914 - Copyright Ville de Liège